rush hour 3 de Brett Ratner

Rush Hour 3 de Brett Ratner

Pierre-Emmanuel Chatiliez par Sammy GeorgesPierre-Emmanuel Chatiliez (photo : Sammy Georges) est storyboarder de profession. Il a déjà travaillé sur une vingtaine de films (essentiellement français) et côtoyé des univers très différents : de Assassin(s) de Mathieu Kassovitz jusqu’aux Herbes Folles de Alain Resnais, en passant par OSS 117: Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius). Impression Graphique vous propose de faire plus ample connaissance avec ce technicien créateur  pour le cinéma qui est également l’auteur de Bug in the system 001, l’œuvre numérique qui illustre le blog.

Quel a été votre parcours d’étudiant ?
Mon parcours d’étudiant fut relativement court. Je me suis très vite aperçu que je n’avais pas plus d’aptitude pour les concours d’entrée que pour les examens de sorties. Après une année de préparations aux écoles d’art, au terme de laquelle j’ai brillamment échouée à tous les concours, j’ai fait un stage pour apprendre les techniques de trompe l’œil de faux bois et de faux marbres afin de trouver rapidement du travail, et je me suis vite orienté vers une approche beaucoup plus autodidacte et sur le tas de l’enseignement.
J’ai d’abord été assistant à la restauration dans un atelier qui travaillait pour les monuments historiques. Puis j’ai mis un pied dans le spectacle ou je suis devenu peintre décorateur, dans un premier temps dans des ateliers qui réalisent des décors pour le théâtre, l’opéra et les défilés de mode, puis, sur les plateaux de tournage, pour la publicité et le cinéma. Parallèlement je me suis initié au storyboard et à l’art du découpage technique à l’aide de livres américains (la proposition Française étant alors quasi inexistante) j’ai en même temps pris des cours du soir chez un agent de storyboarder et roughman de pub afin d’apprendre à dessiner vite, efficacement et de mémoire.

Les Herbes Folles - Alain Resnais

Les Herbes Folles – Alain Resnais

Vous êtes storyboader pour le cinéma. Vous passez d’un univers à l’autre. Comment abordez-vous chacun d’entre eux ?
Il n’y a pas pour moi de différence entre un univers ou un autre quant au pur travail de storyboard de cinéma. La priorité à mon sens étant de rendre compte de la manière la plus efficace de la mise en scène. Mon seul souci est donc d’aller à l’essentiel, en choisissant l’instant T pour chaque image dans une succession de vignettes qui rendront l’action le plus lisible possible.

Il y a-t-il des réalisateurs avec lesquels vous rêvez de travailler ?
Oui, Alfred Hitchcock, mais je sens que ça ne va pas être facile…
Sinon, je suis intéressé par les réalisateurs qui ont une vision de l’image qui va au-delà de la simple préoccupation d’avoir les acteurs nets dans le cadre… Ces derniers temps, j’aime beaucoup la façon qu‘ont certains réalisateurs Coréens d’aborder l’image notamment dans des thrillers comme A Bitter sweet life de Kim Jee-Woon ou The Chaser de Hong-jin Na, avec un fort parti pris de direction artistique, avec des cadres ou la composition, les décors, la lumière… Ils ont un véritable sens dans la narration.

En quoi consiste la fonction d’illustrateur au cinéma ?
Cela consiste principalement à réaliser des dessins qui vont aider à déterminer la direction artistique du film ou d’une séquence. Cela peut concerner les décors, les costumes, les cascades, les maquillages, les accessoires, effets spéciaux, etc.

Bug in the system 007 de pierre-emmanuel chatiliez

Bug in the system 007

L’image qui illustre le blog vient d’une série qui s’appelle Bug in the system. Quelle a été votre démarche pour la réaliser ?
D’une manière générale, ma démarche sur le plan technique est d’utiliser l’image comme on utilise un tube de peinture, en procédant par touches ou par couches translucides, comme en glacis pour la peinture à l’huile ou à l’aquarelle, afin de générer des images virtuelles qui tirée et marouflé sur une plaque de métal deviendront bien solides et réelles.
L’idée du thème est venue en partant du terme Bug (insecte en anglais) qui désigne un dysfonctionnement dans un programme informatique susceptible de causer plantages et autres désagréments. En regardant certains insectes de plus prés, je me suis aperçu que selon l’éclairage et la manière dont on les photographie, ils n’ont pas grand choses à envier à certain guerriers ou monstres de science fiction ou de jeu vidéo. En les installant sur un réseau d’éléments informatiques, le tout dans un « glacis » de code html, celui de la page d’accueil de Google, notre Big Brother à tous. Afin d’illustrer l’idée qu’un système quel qu’il soit contient, ses bug en latence, susceptible d’occasionner de gros dysfonctionnements. Il me semblait qu’à l’heure de la crise économique que nous traversons ce pouvait être un thème pertinent à traiter…

Vos œuvres numériques découlent-elles de votre expérience cinématographique ?
Oui, en partie. Tout d’abord j’utilise un format constant : celui du cinémascope (1:2,35). C’est au cinéma le format qui englobe au mieux le champ visuel et qui pour des générations de spectateurs depuis les années 50 évoquent le grand spectacle. Ma prochaine série empruntera des codes du storyboard et du montage, elle se présentera comme une succession de plans.

Quelles sont vos autres sources d’inspiration ?
Les média, la photo, la peinture, l’architecture…. En fait tout est susceptible de pouvoir m’inspirer, à part peut-être le football et les huîtres, je suis allergique aux deux.

Exposez-vous ces œuvres ?
Je suis en ce moment en pourparlers sur plusieurs projets en Russie.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
Je continue à travailler sur les séries Paper doll et bug in the system et je commence à travailler sur une nouvelle série qui traite du black-out informatique .

PAPER DOLL 001 de Pierre-Emmanuel Chatiliez

Paper Doll 001

Pierre-Emmanuel Chatiliez sur la Toile :
www.pe-chatiliez.com
www.pec-gallery.com
Page Facebook P-E-Chatiliez-Storyboard-artist

Page Facebook PEC-digital-painting

Vous aimerez aussi :