artwork andromakers par Laurent Laurent Menicucci

Le disque a beau se dématérialiser, les artistes prennent toujours soin de donner à leur chansons le plus beau des écrins. Pour le grand bonheur des amateurs de l’objet. Je fais partie de ceux qui pensent que cela durera. Parce que la musique se vit aussi avec les yeux et la pulpe des doigts.

Andromakers est un duo basé à Aix en Provence que je suis depuis de longs mois. Les deux jeunes femmes ont sorti récemment un premier ep baptisé The Golden Hour (en écoute au pied de l’article). Elles ont fait appel à Laurent Menicucci pour la réalisation de l’artwork. Le travail du jeune photographe m’ayant séduit, j’ai eu envie de vous le présenter.

Pourrais-tu te présenter ? Nous donner quelques éléments sur ton cursus de photographe ?

Je m’appelle Laurent Menicucci, j’ai 23 ans, je suis photographe, graphiste et réalisateur freelance depuis bientôt 1 an, originaire de Chalon-sur-Saône, je vis entre Marseille et Aix-en-Provence depuis 5 ans. J’ai terminé mes études de graphisme en juin 2010. Je n’ai donc pas un cursus de photographe, hormis quelques cours sur les bases de la prise de vue. Je pratique la photo en autodidacte depuis 4 ans, et à vrai dire, je ne me considère pas vraiment comme un photographe, mais plutôt comme un designer graphique utilisant ce médium. Aujourd’hui, j’essaie de plus en plus de me diriger vers un travail de « photographe auteur ».

Tu viens de réaliser l’artwork pour le nouveau single d’Andromakers. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

On s’est rencontré il y a 4 ans, nous avons des amis communs. Lorsque j’ai su qu’elles travaillaient sur la sortie d’un opus, je leurs est proposé de faire des photos de Presse.

En leur dévoilant l’idée de l’univers dans lequel je voulais les projeter, elles ont tout de suite accroché et m’ont finalement confié l’ensemble de l’artwork.

Le duo s’est-il laissé conduire dans ton univers ou avait-il une idée de ce qu’il voulait ou ne voulait pas ?

Elles n’avaient pas vraiment une idée précise, si ce n’est que d’apparaître sur la pochette.

J’ai eu une assez grande liberté sur la création du visuel, ce qui est souvent un peu délicat, mais leur musique est assez visuelle donc je n’ai pas eu trop de mal à trouver l’ambiance de la photo. À l’image des morceaux, j’ai mixé un côté frais et chaleureux, en teintant le tout d’une atmosphère pesante, d’où l’ambiance de kermesse en forêt avec des personnages figés et inquiétants.

Quelles ont été tes influences pour ce travail ?

Mon travail est principalement influencé par de réalisateurs de films et de clips à l’univers sombre, parfois complètement décalé comme Michel Gondry, Jonathan Glazer, les frères Cohen, et bien d’autres encore.

Pour ce visuel, Je me suis plus particulièrement inspiré des ambiances féeriques et mélancolique comme ceux des groupes MGMT, Empire of the Sun ou Björk. J’ai également regardé beaucoup de photos de modes et le travail d’Erwin Olaff pour la partie maquillage et pour les pauses figées des modèles.

needle in the hay par Laurent Menicuccicurtiss par Laurent Menicucci

Avec quels autres artistes as-tu travaillé ?

Je viens de terminer l’artwork pour l’album d’un groupe de rock alternatif, Nude’76, qui sortira dans quelques mois. Je travaille depuis quelques années maintenant avec Curtiss, un groupe pop rock d’Aix, pour lequel j’ai réalisé des photos de Presse et des flyers. J’ai récemment fait la pochette de leur ep digital 3 titres et je suis en train de réaliser l’artwork et un nouveau clip pour leur deuxième album qui sortira au printemps 2011. J’ai aussi fait des photos pour un groupe Lillois, Needle in the hay. D’autres projets de clips et d’artwork avec des groupes français sont dans les tiroirs, vous les découvrirez dans un futur proche.

Dans un autre registre, j’ai eu la chance de collaborer avec quelques très bons artistes visuel, notamment Tabas qui m’a accueilli dans ses bureaux pour un stage d’étude. Il m’a confié le graphisme exécutif du Festival Marsatac 2009, après avoir fait la partie créa. Enfin, Stephan Muntaner de l’agence C-KTRE m’a offert la possibilité d’être publié dans son magazine LOOSE (N°1) et de participer à une exposition collective à la galerie Fabrik 89 de Marseille.

Tu as travaillé sur un clip pour un groupe qui s’appelle Curtiss. La vidéo c’est une prolongation évidente de ton travail de photographe ?

Pour ce clip, je me suis occupé de la pré-prod : choix des lieux de tournage, accessoirisation, écriture du scénario… Il était d’ailleurs bien plus étoffé, mais a dû être simplifié pour des raisons de budget et de temps de tournage comme c’est souvent le cas pour les clips sans budget ! La partie réalisation a été confié à Berzerker, un réal parisien, au contact duquel j’ai beaucoup appris en l’assistant sur ce projet. Le montage a été confié à Ronan Lagadec, tous les deux travaillant pour l’agence HKcorp.

Étant un mordu de cinéma et de clips depuis petit, c’est une idée de longue date, et l’évolution vers un travail vidéo se fait encore plus naturellement depuis que je me suis équipé d’un boîtier qui offre des performances aussi bonnes en photo qu’en vidéo. Je commence donc petit à petit à passer derrière la camera.

En ce moment, je me penche sur l’écriture de scenarii. J’espère que ces pages se transformeront en objets visuels, mais je dois encore progresser dans ce domaine. La photographie reste toujours mon premier objectif, je travaille d’ailleurs d’ailleurs sur un book mode en casting sauvage.

Crédit photos : Andromakers, Needle in the hay et Curtiss par Laurent Menicucci

Le site de Laurent : www.behance.net/laurentmenicucci/frame

Le clip de Curtiss…

The Golden Hour EP de Andromakers

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