Hélène Douchet par Caroline Shimanek

Hélène Douchet fait de beaux portraits de nouveau-nés. Et de beaux clichés de ventres ronds. Chez Impression Graphique on découvre à peine son bel et émouvant travail. Il était donc naturel d’aller à sa rencontre, même si celle-ci se cantonne aux boites mails. Nous avons donc demandé à cette artiste trentenaire qui se destinait au webdesign ce qui a construit sa passion (photo : Caroline Shimanek).

Depuis quand photographies-tu ?

Je fais “vraiment” de la photo depuis 2001. Quand je dis vraiment c’est que j’ai arrêté d’utiliser uniquement le mode automatique et touchais aux réglages (attention ça ne veut pas dire que ceux qui ne font pas tout en manuel ne savent pas faire des photos, c’est pas le débat, c’est juste que j’ai creusé la partie technique). J’ai fait à l’époque beaucoup de photos de concerts et j’adorais développer mes films noir & blanc dans la chambre noire. C’est terriblement fascinant de voir l’image apparaitre sous nos yeux.

Quel a été ton parcours dans ton apprentissage de la photographie ?

J’ai appris la technique à la fac en 2001. La photographie était un module parmi tant d’autres qui touchaient à l’audiovisuel (je m’étais perdue dans mon parcours scolaire pour faire cette formation). Pour le coup, techniquement mes photos étaient bonnes mais côté émotions, c’était franchement pas terrible (et même nul, pourtant les règles étaient respectées à la lettre). Ensuite je me suis beaucoup amusée à photographier les enfants des autres et puis je me suis dit que j’allais essayer de vendre mes services en 2009.

Qu’est-ce qui a déclenché ton envie de photographier des ventres ronds et des bébés ?

Quand j’ai commencé à me faire payer pour photographier d’autres personnes que mes proches, j’ai essayé plein de choses. Je savais que je voulais faire de la photo sociale (pas de mode, pas d’industriel, pas d’architecture) : du portrait et toucher les personnes photographiées, et construire un petit bout de leur patrimoine familial. Donc j’ai fait quelques mariages, des séances avec des familles, des femmes enceintes, des bébés plus ou moins grands… Il en est ressorti que mon sujet préféré c’était les nouveaux-nés. La logique des choses a fait que j’ai continué également les femmes enceintes, puisqu’on me le demandait.

Ton œil a-t-il envie de capter et de fixer d’autres moments de la vie ?

Oui. J’ai notamment un projet personnel qui me tient beaucoup à cœur et que je tarde à mettre en place. J’aimerais réaliser des portraits de personnes âgées. Ca me parle également beaucoup parce que je trouve que c’est aussi un moment très important à photographier, avoir la chance d’avoir des portraits de nos aïeuls… Je n’ai plus les miens alors je compte bien me rattraper avec ceux des autres. La boucle sera bouclée.

Le fait d’être mère a-t-il un impact sur ton travail ?

Je crois. Peut-être pas pour les photos de maternité mais pour les photos des bébés, je pense. Je n’ai pas peur de manipuler les bébés. Je sais aussi quelles sont nos inquiétudes de jeunes parents, surtout avec un si petit enfant. Donc je fais très attention à ça. Les parents me tendent leur enfant quand ils arrivent en séance. Je gère et fais appel à eux si j’en ressens le besoin (un bébé qui a faim par exemple). Il m’est arrivé d’avoir en séance des parents qui se sont endormis, d’autres qui me laissent dans la chambre avec le bébé et font autre chose. Je trouve ça extrêmement touchant qu’une telle confiance s’installe entre eux, le bébé et moi. On m’a également déjà proposé de revenir pour faire nounou, sans mon matériel photo.

Louise par Hélène DouchetPour quelles raisons préfères-tu photographier des bébés ayant moins de 15 jours ?

Les nouveaux-nés me fascinent, si petits, déjà si bien faits et ils vont changer si vite ! Ce que j’aime dans une séance avec un nouveau-né, c’est un peu le côté challenge. C’est un des sujets que je trouve le plus difficile à bien photographier, sans qu’il ait l’air tout flagada. Il faut faire attention aux détails, les mains, les pieds, les lèvres… Ça demande beaucoup de patience, d’être zen et cool, ça me correspond bien.

Pourquoi moins de 15 jours ? Parce qu’en grandissant les bébés deviennent plus sensibles et ça devient plus difficile de les manipuler sans les déranger. Ils peuvent avoir des coliques, de l’acné du nourrisson et éventuellement on peut sentir le passage du pic de croissance vers 3 semaines (un bébé qui réclame alors souvent à manger). Du coup ça complique les séances. En plus ça devient difficile de leur faire garder cette position si caractéristique qu’ils ont dans le ventre de leur mère.

Tu retravailles tes photos. Quelles sont tes interventions après la séance ?

J’adapte le contraste et la luminosité. Il réduit également un peu la rougeur de la peau du bébé et les différences de couleurs si par exemple les mains et les pieds sont un peu violacés à cause d’une mauvaise circulation sanguine. Il m’arrive aussi de faire de légers traitements croisés (mais vraiment légers).

As-tu des références, des artistes qui ont attisé ton désir de devenir photographe ?

Pour les portraits de nouveaux-nés, je vous épargnerai Anne Geddes. Mais pour moi les maîtres(ses) de la photo moderne de nouveaux-nés ce sont Carrie & Brittany de Baby as art.
Sans faire dans la spécificité, mon photographe préféré, c’est Doisneau. C’est lui qui m’a donné envie de creuser dans le portrait et les scènes de vie, bien avant que j’en fasse mon métier. Sans oublier mon amie Caroline de Butterfly Moments.

Si tu n’avais pas tenu d’appareil photo, quelle aurait été ta vie de créatrice ?

Je serais webdesigneuse pour la simple et bonne raison que j’ai fait des études en webdesign à l’origine.

Le site de Hélène Douchet.
Hélène Douchet sur FaceBook
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