Matthias GrandmouginRencontre avec Matthias Grandmougin, fan de Tool (le groupe de métal progressif californien), adepte des métaphores et du sketchnoting.

Matthias, quel est cursus estudiantin as-tu suivi ? Que souhaites faire ensuite ?

Je m’appelle Matthias GRANDMOUGIN, j’ai fait une licence L.E.A (Langues Étrangères Appliquées) avec pour spécialité l’Anglais et l’Espagnol à l’UFR STGI. Puis j’ai enchainé avec un master langues et commerce électronique toujours à l’UFR STGI.

Je souhaite m’orienter dans le Community Management, la rédaction web, la traduction ou du sketchnoting. Dans le cas du sketchnoting, je me former au métier de facilitateur graphique qui permet de dessiner et de rendre les choses plus visuelles. Cela m’aide vraiment à mettre mes idées sur un papier de façon visuelle. On sait que le cerveau comprend plus vite une image qu’un texte. En parallèle j’aimerais rejoindre un groupe metal/rock progressif pour chanter. Ce style de musique peut vous mettre dans un état assez méditatif, ce qui fait du bien. La musique a une fonction cathartique. La musique est, selon Marilyn Manson, « la plus puissante forme de magie ». On se rend compte ici que Manson, malgré son apparence qui peut effrayer, est un grand génie.

Tool – Pushit

Quels sont tes groupes favoris ?

Mon groupe préféré est Tool.

Cette formation est assez fascinants car elles est à la fois viscérale, expérimentale, métissée, psychédélique, et progressive. Sa musique fait beaucoup de bien car il y a des morceaux très émouvants comme Right in Two, Pushit (l’histoire derrière Pushit c’est la relation de Maynard James Keenan, le chanteur, avec ses parents), The patient

D’autres sont assez agressifs surtout sur Opiate et Undertow, mais Hooker with a penis, Jerk-off, Ticks and Leeches permettent de se défouler. Certains sont même assez planants et envoutants comme Lateralus, Reflection, Forty Six & 2, 10,000 days

Leur philosophie non fondée c’est la Lachrymologie. Celle-ci vient d’un livre imaginaire intitulé A joyful trip to lachrymology et dont l’auteur serait Ronald P Vincent. Tout cela est une invention de Tool. Le groupe avait même donné de faux titres de chansons et d’albums avant la parution de Lateralus, afin de piéger les pirates.

Peux-tu nous en dire un peu sur cette fameuse lachrymologie ?

La lachrymologie signifie qu’en comprenant sa douleur physique et morale l’être humain peut accéder à un autre degré de conscience, il verra les choses sous un autre angle. Tool c’est justement l’outil pour ressentir ce concept car en regardant leurs clips nous voyons des personnages difformes et en grande souffrance qui sont sculptés par Adam JONES, mais plutôt que d’en avoir peur, il faut avoir de la compassion pour eux et les réconforter. C’est quelque chose comme « regardez comme ils souffrent, n’ayez pas peur ».

Il ne faut pas non plus se faire du mal car en écoutant cette musique on est très ému, voire réconforté par la voix assez envoutante de Maynard et par les sonorités de la guitare d’Adam Jones. Après on se rend compte qu’il faut apprécier ces petits moments de bonheur, essayer d’être dans l’instant présent. Juste manger une pizza en famille, ça fait du bien.

La seule chose avec ce groupe c’est que plusieurs écoutes sont nécessaires de par la longueur et la complexité de la majorité des morceaux et une fois que le « poison » qui fait du bien s’est répandu dans le corps, on accroche. L’écrivaine Amélie Nothomb est d’ailleurs une fan du groupe.

Dans la même veine il y a des groupes comme A Perfect Circle (avec Maynard), Lucid Planet, Samadhi Band, Porcupine Tree et Soen.

Les visuels des pochettes des albums de ces groupes ainsi que l’artworks adopté par certains de ces artistes sont intéressants, car ils correspondent à leur sonorité. Il faut savoir qu’Adam Jones, le guitariste de Tool, voit les notes en couleur, c’est de la synesthésie. Écouter de la musique avec une telle perception des choses doit être fascinant., J’ai d’ailleurs rencontré au Près-La-Rose (Montbéliard) un jeune homme qui voyait les choses de cette façon. Il m’a d’ailleurs dit qu’il percevait comme plein de couleurs. J’imagine que voir les choses de cette manière doit être déconcertante au début, mais une fois qu’on s’y fait, ça doit être agréable.

Quel est ton propre rapport à l’image ?

Je trouve qu’une image à plus d’impact qu’un long discours, il a été prouvé que le cerveau comprend plus rapidement l’image que le mot. C’est pour cela que je trouve le sketchnoting intéressant : on ajoute des dessins et des mots et c’est tout de suite plus clair et lisible. Pour une plaquette de la CTPM (société de transport à Montbéliard, NDLR), j’avais dessiné une photo et une carte d’identité sous les mots afin de mieux voir où étaient listés les pièces justificatives.

Pour terminer je pense également à l’autre sens de l’image, c’est-à-dire les métaphores, je vois les choses sous un autre angle et j’écris des choses assez profondes.

En voyant une guêpe sur la vitre ce midi, j’ai écrit ceci : et si nous étions comme des guêpes ou des mouches sur une vitre ne réalisant pas que cette vitre est un obstacle transparent nous empêchant de voir le monde tel qu’il est, alors qu’il y a des hommes et des femmes d’une grande gentillesse qui nous ouvrent la vitre pour que l’on puisse sortir à l’extérieur de la maison.

Il y a du bon en chaque être humain et un potentiel enfoui en chacun qui ne demande qu’à être révélé. On ne prend pas le temps de s’écouter et de chercher à comprendre comment fonctionne l’autre (quitte à faire répéter si nécessaire pour être sûrs que l’on ce soit compris, ce qui est la base en management). Du coup on se fait beaucoup de mal sans même s’en rendre compte.

Avec la croyance limitante inconsciente « lui il est méchant » on finit par être soi-même méchant et intolérant sans même s’en rendre compte. En faisant preuve de compassion, de grande gentillesse et d’un esprit philosophique il n’y a plus d’intolérance, on se fait payer des verres par les gens, on délire avec eux et ça c’est magnifique.

Un ouvrage sur le Sketchnoting

Le blog de Matthias.

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